La peur du “méchant” service aux sombres motifs
Je me réveille ce matin, près à bosser sur ce que notre montée récente sur l’AppStore nous montre qu’on doit faire, et je tombe sur un avis sur l’appli qui me serre le coeur instantanément:
Consommateurs, vous êtes cernés! Ou comment on peut faire votre profil d’acheteur avec votre participation active pour pouvoir vous vendre encore plus et vous manipuler. Stop!
C’est à la fois déprimant et un signe. Et ça ne colle pas avec ce que sont souvent les entrepreneurs (sauter au 3ème paragraphe pour ça ;-) )
La tristesse d’être à la fois incompris et “agressé”.
C’est horrible de lire ça parce que merde, cela fait un an et demi qu’on travaille comme des dingues à partir d’une idée née d’une seule chose: ma propre frustration, en tant que consommateur justement, du fait d’être ciblé et fiché par tout ce qui bouge sur le web et dans les magasins (à l’époque pas encore sur mobile), sur la base d’information qui sont LES MIENNES et que pourtant je n’ai même pas.
On a créé ça en réaction au fait qu’on faisait notre profil d’acheteur sans notre participation active pour nous vendre encore plus et nous manipuler. Et voilà qu’on est mis du côté des “méchants” (avec guillemets parce que c’est loin d’être si tranché)? A quoi ça sert, finalement, tout ce qu’on fait? Pourquoi ce consommateur énervé n’a-t-il pas vu que pour la première fois (au monde) il pouvait, lui, pas l’enseigne, avoir accès à toute l’info de ses achats et que c’était son intérêt avant tout?
Mais quand même, c’est un signe
Passée la réaction viscérale à se faire accuser injustement, il y a quand même quelque chose d’intéressant ici.
C’est qu’un paquet de gens sont extrêmement frustrés et énervés de servir tout le temps, comme on m’entend souvent dire, de matière première pour produire un résultat pour les marques et les magasins (prenez un consommateur et une pub, mélanger, produisez une vente). Tellement que tout ce qu’ils voient qui est proposé pour eux et qui contient de l’information personnelle est classé sans même réfléchir dans la catégorie des méchants, des exploiteurs, limite des arnaques.
C’est dire s’il y a un énervement ambiant sur le fait que tant d’entreprises ne pensent au consommateur que comme une vache à lait qu’il faut analyser dans son moindre détail pour augmenter sa “production”, ie ce qu’on peut lui faire acheter.
Au final, ça conforte plutôt dans notre mission de donner accès à chacun à son information qui, jusqu’à présent, n’était accessible qu’aux autres.
Ca appelle aussi un commentaire sur la compréhension de ce qui fait avancer beaucoup d’entrepreneurs.
Comment ça marche un entrepreneur orienté consommateur?
Créer une entreprise, un service, ça nécessite une motivation folle. Il ne s’agit pas d’être à la tête d’un groupe qui cherche chaque trimestre à maximiser les profits, il s’agit de créer de toutes pièces quelque chose qui n’existe pas encore, et le faire avec peu d’argent, beaucoup de temps, d’énergie et de motivation. Ca peut être juste par opportunisme ou envie de devenir riche, mais souvent, ça vient d’un besoin personnel: on fait quelque chose parce qu’on le veut pour soi, parce qu’on trouve anormal que l’on ne puisse pas avoir accès à ce service.
Autour de Skerou, il y a plein d’autres start-ups orientées consommateur. Et quand on parle à nos amis de Shopwise, Marmiton, Prixing, PlanCourses, WeCook, LaCuillère, FidMe ou FidAll (sont dans un bâteau, FidTruc tombe à l’eau…) etc, j’entend des gens qui veulent aider sincèrement les gens. Tous accumulent des données sur leurs utilisateurs. Tous gagneront (j’espère) de l’argent qui leur permettra de vivre, et comme le service est gratuit, cet argent viendra de marques ou de magasins. Mais avant tout, tous veulent un service dont ils puissent être fiers, qu’il peuvent montrer à leurs amis et leur famille sans qu’en face, on pense “pas mal leur moyen d’exploiter le consommateur”.
Une start-up fournissant un service consommateur, ça marche sur une passion d’apporter réellement quelque chose aux gens. C’est un tout petit groupe de vrais gens, qui ont un visage, des pensées, à qui on peut parler. Ce n’est pas un groupe sans visage, tentaculaire et aux intentions noires. Mais ce qui est marrant, c’est qu’en tant que consommateur, cette différence fondamentale par rapport à l’image classique (souvent fausse d’ailleurs) de la multinationale n’est vraiment pas facile à voir et que quand on va sur un site web ou qu’on télécharge une appli, il n’est pas facile de se rendre compte que derrière, il y a peut-être simplement 2 ou 5 personnes qui font ça par passion.
Et Skerou là-dedans?
Soyons clairs: Skerou accumule des données sur le consommateur. Notre but l’exige: on est nés du désir de vous rendre l’accès à votre conso, et pour ça, on la récupère pour vous la fournir. Nous avons été le premier service au monde permettant au consommateur de retrouver, pour lui, les données de ses courses, données qui, tout le monde le sait, sont exploitées par tout le monde… sauf par le consommateur lui-même.
Et oui, Skerou compte s’en servir, et de manière transparente: pour pouvoir gagner notre vie, nous voulons proposer des promotions qui correspondent à votre profil. Pas vendre vos infos personnelles, pas vous étudier au microscope. Proposer des promos qui aident à ce que ça fasse tilt entre une marque et un consommateur, pour le gain de tous: qu’est-ce qui est mieux, une pub télé ou une réduction pour goûter un produit pour la première fois? Il faut vivre, et on a pensé que le moyen le plus sympathique de gagner notre vie était de gagner de l’argent quand on en faisait économiser.
En attendant, vous en connaissez beaucoup des boites où l’intégralité de toutes les données qu’on a sur vous sont… celles que vous avez décidé de mettre dans l’application, que vous voyez en permanence et en totalité, et que vous pouvez retirer à tout moment (on les efface vraiment)?







